Leurs parents ont été tués dans un accident de voiture
Géraldine et Stéphane JOLLY, mandolociens de l'avenue du Général Garbay, viennent de mourir en Tunisie, victimes d'un tragique accident de la route.
Le chauffeur de leur minibus les ramenait d'une excursion. En doublant un véhicule, il s'est retrouvé face à face avec un camion.
Le choc a été terrible. Stéphane a été tué sur le coup. Son épouse peu de temps après à l'hôpital.
Ils laissent quatre orphelins : Manon 4 ans, Joris 7 ans, Nicolas 14 ans et Vivien 15 ans.
Ils ont besoin de notre aide.
Le Comité d'établissement de Bus Azur, en accord avec la direction et avec l'ensemble du personnel, organise une collecte qui sera versée à la famille.
Pour vos dons, contactez :
Jean Chetboul, secrétaire du Comité d'établissement ou Jean-Pierre Ricci
Bus Azur
108 avenue de la Roubine, 06150 Cannes
Tél. : 04 93 90 39 80 - Fax : 04 93 93 03 64
Merci de ce que vous pourrez faire.
Nous présentons nos condoléances attristées à toute la famille. Il faudra beaucoup de courage à elle et à ces quatre orphelins pour supporter cette terrible épreuve.
Nous respectons leur douleur mais notre devoir est de les aider dans le seul domaine qui soit à votre disposition. Soyons généreux.
La commune aurait pu racheter ces 164 pavillons et les conforter dans ce qu'ils étaient devenus : des logements familiaux. Le maire sortant a préféré laisser pourrir la situation qui est devenue inhumaine.
Mais son but a été atteint. Les pauvres – ou pas très riches – locataires de cette résidence de tourisme sont partis. Après travaux, les très riches touristes vont pouvoir venir.
L’historique
Pour bien comprendre cela, tout d'abord un peu d'histoire.
Le hameau des Grenadines regroupe donc 164 pavillons dont 154 sont la propriété de SOGEPROM, filiale de la banque Société Générale.
Depuis 1991 le hameau est géré par une société de tourisme : RESOTIM.
Depuis 1993 un contentieux oppose la Société Générale à RESOTIM, la seconde n'ayant pas payé à la première ce qu'elle lui doit.
Bien sûr l'affaire a été portée devant les tribunaux. La dette serait d'environ 5 millions d'€uros.
Tout récupérer
RESOTIM a alors demandé et obtenu un plan de redressement judiciaire mais apparemment elle n'a pas tenu tous ses engagements puisqu'en 2001 puis en 2004 la Société Générale a obtenu de récupérer son bien et l'expulsion des locataires ou du moins de certains, ceux qui, payant régulièrement leur loyer, étaient là à l'année, faute d'avoir trouvé un logement ailleurs.
Le but de la Société Générale était bien sûr de tout récupérer, de faire des travaux et ensuite de louer à la semaine à des prix plus que confortables à des touristes riches.
L'action s'est déclenchée le 18 octobre 2004. Elle a été pour le moins violente :
La guerre éclair
Des vigiles de la société MG sécurité étaient accompagnés de dangereux chiens d'attaque non muselés et parfois non tenus en laisse. Avec eux deux gendarmes de réserve mais qui pour l'occasion avaient revêtu leur ancien pull militaire et des huissiers de la S.C.P. Bernard, Lefort, Durant et Berger, tous guidés par des responsables de la SOGEPROM, la filiale de la Société Générale.
Témoignage
Laissons décrire cette expulsion par une de ses victimes, Philippe Harant. Voici un extrait de la lettre qu'il a écrite à Eric de Montgolfier, procureur de la république à Nice :
« Une cohue généralisée dès huit heures du matin, à un moment où les résidences composées d'environ 150 logements étaient pleines à 80%. Je tiens à vous dire, M. le Procureur, que l'évacuation de touristes allemands surpris au saut du lit, m'a rappelé les récits noirs de notre histoire et a ébranlé l'image de la France, creuset des libertés de l'Homme.
L’horreur
« Malgré nos oppositions (nous n'avons pas été avisés de cette procédure, nous avions des enfants en bas âge), nous avons été évacués de nos logements pour être regroupés dans un autre endroit de la résidence.
« En effet, la décision d'expulsion ne concernait que certains lots et pas les nôtres. En fait une vingtaine de familles délogées sans raison, pour un litige auquel elles étaient étrangères, avec des moyens de sécurité proportionnés à l'expulsion d'un camp de 500 gitans.
Comme on se sent petit….
« Certains ont donc été maintenus sur le site. Les touristes, même si leur lot n'était pas concerné, étaient partis épouvantés.
« C'est à partir de ce moment là que les voies de fait ont commencé… Les vigiles, quand ils nous laissaient sortir refusaient de nous laisser rentrer rejoindre nos familles…
« Vous ne pouvez pas savoir comment, dans ces moments là on se sent petit et seul. »
Justice. Oui, mais…
7 résidents portent l'affaire devant la justice le 3 mai 2005 en première instance puis le 18 janvier 2006 en appel, le tribunal ordonne leur réintégration sous astreinte de 50 €uros par jour de retard.
En outre chacun d'eux doit recevoir 12 350 €uros au titre de la liquidation d'astreinte.
De cet argent les 7 plaignants ne voient, semble-t'il, pas la couleur mais ils réussissent tout de même à réintégrer leur logement.
Les tchétchènes
Première manche perdue devant la justice, la Société Générale met en marche la deuxième manche.
Des vigiles pour beaucoup tchétchènes (mais oui !) et dont nous espérons qu'ils sont tous en situation régulière et tous munis de contrats de travail, s'installent au hameau des Grenadines.
Ils font régner la terreur.
Des résidents, lassés, écoeurés, apeurés, s'en vont.
Certains résistent et restent.
M. Leroy au secours du plus fort
Mais voici que le temps s'en mêle. En décembre 2006 des pluies torrentielles tombent sur Mandelieu-La Napoule.
Le bas du hameau des Grenadines est inondé.
M. Leroy vient alors au secours de la Société Générale.
Il prend un arrêté d’expulsion « pour cause de sécurité ». Il exige l'évacuation sans délai et interdit formellement l'occupation de la résidence.
Expulsion
Bien entendu ne sont expulsés que les locataires qui vivaient dans les pavillons du haut et qui n'ont pas été touchés par l'inondation.
Les vigiles tchétchènes qui vivent dans le pavillon du bas et le bureau d'accueil qui eux ont été inondés, ne sont bien sûr par concernés… !
M. Leroy sait aider les riches aux dépens des pauvres surtout que ces pauvres ne votent même pas dans la commune.
Grève de la faim
Les derniers résidents résistent. Il y a même une jeune mère avec son enfant qui entame une grève de la faim. France 3 et Nice Matin viennent. Cette mère recevra donc 10 000 €uros et sera envoyée ailleurs, bien loin de Mandelieu-La napoule.
Actions commando
Pour les autres, les tchétchènes sectionnent les câbles électriques à la pince (constat de Me Jean-Paul Barnel, huissier de justice), coupent l'eau, ouvrent les appartements, les vident et jettent tout dans des containers (constat d'huissier du 7 décembre 2006).
Heureusement TF1 est là
Violences, voies de fait, intimidations, tout y est et tout est constaté par les équipes de Julien Courbet pour « Sans aucun doute » sur TF1 et pour un journal de 13 heures de cette même chaîne en mai 2007.
Avec horreur, la France entière découvre ce qui se passe au hameau des Grenadines.
Honteuse victoire
Aujourd'hui, bien sûr, les faibles ont perdu le combat. Leurs maigres économies ont été absorbées par leurs avocats. Ils sont partis.
La Société Générale peut respirer. Elle a fini par gagner.
Les actifs, pas très argentés qui étaient là ne la gêneront plus.
Les travaux vont pouvoir commencer avec la bénédiction et les autorisations de M. Leroy.
Quelques touristes très riches vont pouvoir payer à la semaine des sommes exorbitantes.
Il y a une distinction officielle que Mandelieu-La Napoule n'a jamais eue, c'est celle de la ville qui fait ce qu'il faut pour les handicapés et les personnes à mobilité réduite.
Ils ne réclament ni surprotection ni égalité de façade mais que la commune pense à eux dans tout ce qu'elle fait ou autorise.
Il est simple, par exemple, de n'acheter que des bus adaptés, de sensibiliser les commerçants, de rappeler à l'ordre les promoteurs lors du dépôt de permis de construire et aussi d'aménager les locaux publics qui ne sont pas conformes.
Le contre exemple parfait c'est la poste de La Napoule. Tout est prêt pour la création d'un accès handicapés : plans établis, devis acceptés, autorisations administratives, il n'y manque que la volonté politique de le faire. Dommage.
Pas facile pour certains
de monter cet escalier.
Tous les aménagements nécessaires ne seraient que justice et à l'honneur de notre ville. En plus, ils serviraient aussi aux personnes âgées, aux parents poussant un landau, aux tout jeunes enfants, bref à tout le monde.
Et ce n'est pas fait !
Pourtant chacun a le droit de « bien vivre à Mandelieu-La Napoule ».
Septembre, l'an dernier. Lors de son départ, le préfet Pierre Breuil reçoit les journalistes. Une question de Nice Matin : quelle est votre crainte pour l'avenir des Alpes Maritimes ? Réponse : qu'elles deviennent une grande maison de retraite de luxe.
Comme la plupart de ces retraités de luxe voudront devenir des résidents principaux il faut qu'ils sachent, qu'ici, ils ne seront pas les bienvenus.
M. Leroy préfère les résidents secondaires parce que « ils paient les mêmes impôts et utilisent moins d'équipements publics. »
Il dit oui aux retraités mais avec une présence en pointillé. Aujourd'hui la ville est à l'image de sa volonté : 9 000 résidences principales pour 8 000 secondaires, presque moitié-moitié.
Ce n'est pas pour rien que trois classes scolaires ont été fermées et que deux
Un logement familial à Mougins
près de la sortie de Mouans Sartoux.Mougins
Social et esthétique peuvent aller de pair.
autres pourraient l'être. Plus qu'un symptôme, c'est un diagnostic.
La ville, surpeuplée en été, est un désert le reste de l'année, avec de moins en moins d'enfants et pas de vie. Il y a pire encore. Le plan local d'urbanisme concocté par l'actuelle municipalité affirme (paragraphe 8) dans son jargon qu'il faut le « maintien de zones d'habitat touristique permettant d'empêcher leur mutation tendancielle vers la résidence principale. »
Mais en faisant cela la ville manque à ses obligations imposées par la loi S.R.U. (Solidarité renouvellement urbain), loi tant vantée tant de fois par le maire au cours de réunions publiques.
Justement, cette loi impose à toutes les communes un minimum de 20% de logements familiaux en résidence principale.
A Mandelieu-La Napoule il en manque aujourd'hui 1 365 et bien plus encore demain si, comme le permet l'actuel Plan d'urbanisme, la ville passe de 19 000 à 30 000 habitants.